Histoires, chansons en patois

Cette rubrique servira à conserver en mémoire tout ce qui peut se rapporter à notre patois...

Son enrichissement s'effectuera grâce à la complicité de nos lecteurs qui n'hésiterons pas à nous écrire sur notre forum.

1ère histoire

 

     LOU PEILHOT DE LA REGENTE

 

Descoulétade, bras nus, à peine bestide                                      

D’un court peilhot de lan ou de coutoun

Qu’ou capérèoue pas lou quart dou courpitoun

La régente gouyate bien bastide

Azèoue l’escole aou billatge

Aous drôles dé tout atjes, yé dé cap aou tablèou

Tracèoue la léçon.

Tout d’un cop un jouèn polissoun

S’esclaffet d’arrise « Qu’est-ce que tu as ? »

Se dit la régente en coulère,

« Malizelle, respounout lou droulet

Qué boue y bis ço qu’aperen la jaretelle.

Faou bous dise qué lous meynats

Espiouèn mèns dessus qué débat.

Petit impertinent dissout la Damizelle

Sors de suite de la classe, pour huit jours je te chasse !

E lou droulat s’en ba, tran-lin, tran-lan,

Pous caminots s’en sé coupa lou cap.

La régente reprèn sa leçon, tout d’un cop

Qu’enten un bruyt aou miey dé la classe

E bey lou drôle dou Gentillot bada coun un esclop.

Ah ! qu’est-ce qu’il y a pour rire encore ?

Sè dichout la régente, qui veut aller dehors

E lou jouèn mourmérous

Qué né foutre par lagagnous, l’y respoun

« Excusats mé, mé sen intention

Ey bis boste couèche débat lou coutilloun »

Ah ! c’est ainsi que l’on suit ma leçon !

Cette fois tu entends elle est forte

A toi pour quinze jours je te mets à la porte !

E lou droulet s’en ba tout èn braman.

Tout èn tiran lou courdoun dé son coutilloun

La régente tourne à sa léçoun

Presque aouta léou entèn un bruyt aou purmey banc

S’arrébire ; un drôle de dets ans

Azéoue soun paquet dap un tros de ficelle.

E ou vas-tu ? dissout. « Oh Mamizelle

Respoun lou cap bachat lou drôle que s’arrit

Ats cassat quinze jouns Pierrot pér ço qu’a bis

Jou qu’ey aouhut bien mey de chance

E crézi qué per ça qu’ey bis

Pode prène les grandes bacançes !!!

 

Archives Armand L.

LE JUPON DE LA MAITRESSE (d’école)

 

Décolletée, bras nus, à peine vêtue

D’un court jupon de laine ou de coton

Qui ne lui couvrait pas le quart du « croupion »

La maîtresse jeune fille bien faîte

Faisait l’école au village

Aux enfants de tous âges, et face au tableau

Elle écrivait la leçon.

Tout à coup un jeune polisson

S’esclaffe de rire «Qu’est-ce que tu as ? »

Dit la maîtresse en colère,

Mademoiselle répond le garçon

Je vous ai vu ce qu’on appelle la jarretelle.

Faut vous dire que les gamins

Regardaient moins dessus que dessous.

 Petit impertinent dit la demoiselle

Sors de suite de la classe, pour 8 jours je te chasse !

Et le « drôle » s’en va, tran-lin, tran-lan,

Par les chemins sans se casser la tête.

La maîtresse reprend la leçon, tout d’un coup

Elle entend un bruit au milieu de la classe

Et voit le fils du Gentillot bailler comme un sabot.

Ah ! Qu’est-ce qu’il y a pour rire encore ?

Dit la maîtresse, qui veut aller dehors

Et le jeune en murmurant

Je n’ai pas l’œil chassieux, il lui répond

« Excusez moi, mais sans intention

J’ai vu votre cuisse sous le jupon »

Ah ! C’est ainsi que l’on suit ma leçon !

Cette fois tu entends elle est forte

A toi pour quinze jours je te mets à la porte !

E le petit garçon s’en va tout en pleurant.

Tout en tirant sur le cordon du jupon

La maîtresse revient à sa leçon

Presque aussitôt elle entend un bruit au 1er banc

Elle se retourne ; un garçon de dix ans

Faisait son paquet avec un morceau de ficelle.

Eh ou vas-tu ? dit-elle. «  Oh Mademoiselle

Répond le garçon la tête baissée en souriant

Vous avez chassé Pierrot 15 jours pour ce qu’il a vu

Moi j’ai eu beaucoup plus de chance

Et je crois que pour ce que j’ai vu

Je peux partir pour les grandes vacances !!!

 

Traduction personnelle par AL